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Royaliste n°1296 du 12 mars 2025

Protéger les océans

Les Idées et les Livres

mercredi 12 mars 2025

Un Océan en commun, manifeste du Muséum.

Muséum d’Histoire naturelle, novembre 2024.

Revue Le Chasse-Marée, « Voiliers, un patrimoine vivant »

n°343, février-mars 2025

Tout le monde connait maintenant l’importance majeure des océans comme régulateur principal de l’écosystème planétaire. Et aussi, hélas, comme « poubelle ultime », où s’accumulent in fine tous les déchets et pollutions de nos sociétés. Des sommets successifs se sont tenus (dont le « One Ocean Summit » de Brest, en 2023) , avec tous les succès et – surtout – les échecs de ce genre de réunion. Le prochain aura lieu en juin à Nice : ce sera celui de la dernière chance, et il n’y aura plus droit à tergiversations ou indifférence. Il se donne trois objectifs : (1) « œuvrer pour la protection de l’océan ; (2) mobiliser des financements pour (le) conserver et exploiter de manière durable ; (3) renforcer et mieux diffuser les connaissances liées aux sciences de la mer pour une meilleure prise de décision politique ».

Nous savons maintenant que les gouvernements, soumis aux diktats de l’économie ultra-libérale, ont beaucoup de mal à prendre les bonnes décisions, s’ils n’y sont pas poussés par leurs peuples. C’est alors à nous, citoyens, de contrebalancer les effets des lobbies financiers. Pour préparer ce sommet, je vous recommande deux documents récents, qui font un point bienvenu sur ce sujet.

Tout d’abord, le plus récent numéro de la série des Manifestes du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris : « Un océan en commun ». Moins militant que celui sur la « Justice environnementale » , dont Royaliste avait rendu compte (1), il nous donne, en une trentaine de pages, un « socle de connaissances sur l’océan (pour) dessiner les perspectives d’un avenir souhaitable, équitable et durable ». Trois parties dans ce manifeste : une première, océanographique, nous présente l’océan mondial, sa dynamique, ses écosystèmes, son usage, et comment il est perçu par l’humanité : d’un côté « réduit à un simple pourvoyeur de ressources exploitables », de l’autre, au contraire, « associé à la notion de liberté » ; conceptions contradictoires qui, jointes à un imaginaire foisonnant, « retardent la prise de conscience d’une solidarité du vivant ». La deuxième partie s’interroge sur « Une trajectoire de développement : jusqu’où ? ». Enfin, la troisième parti nous propose des « perspectives pour un avenir souhaitable », sachant que « la préservation de la biodiversité marine (conditionne) celle de l’humanité ».

De son côté, le dernier numéro (343) du Chasse-Marée apporte des éléments plus culturels à notre réflexion. Mais si tout y est à lire, nous recommandons surtout son remarquable dossier central : « pêcher, préserver », et en particulier l’entrevue avec Didier Gascuel, un chercheur dont les lecteurs de Royaliste connaissent bien les positions (2). Ses idées rencontrent très précisément celles que le Comte de Paris avait présentées dans son manifeste pour une écologie politique, et nous devrions militer pour que la « Pêchécologie » soit un des points clés du prochain sommet de Nice. Il faudra en reparler. ■

François Gerlotto.

(1). Cf. Royaliste n° 1271 du 31 janvier 2024.

(2). Cf. Royaliste n° 1215 du 11 juillet 2021 et n°1252 du 13 mars 2023.