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Royaliste n°1310 du 5 novembre 2025

Procès Sarkozy : La fabrique du narratif

La Nation française

mercredi 5 novembre 2025

Condamnation de Nicolas Sarkozy. Le Figaro du 26 septembre est à l’image des autres médias.

La condamnation puis l’incarcération à la prison de la Santé de Nicolas Sarkozy ont donné lieu à un intense battage politique, abondamment relayé par des médias complaisants. Il est temps d’y mettre fin.

Sur l’excellent site de notre amie Ella Micheletti Voix de l’Hexagone (1), l’avocat Vincent Brengarth, partie civile pour l’Association Sherpa - qui a assisté à quasiment toutes les audiences - nous livre une réflexion solidement documentée, contrairement aux multiples commentateurs politico-médiatiques se contentant de distiller un narratif fabriqué de toutes pièces : « J’avais la faiblesse de croire que la lecture des éléments de la motivation par le tribunal allait donner un cadre normé et factuel. Après, évidemment, on peut ne pas être en accord avec la question de l’application de certaines infractions, mais cela est commun à toutes les procédures. Ce qui est problématique, c’est que nous sommes face à un contre-discours d’une puissance inédite pour convaincre du caractère illégal de cette décision, au sens où elle obéirait à des finalités occultes. Pour ceux qui ont assisté à la totalité de l’audience, c’est totalement extravagant. Il y a une absence de correspondance avec la réalité de l’audience. Ce contre-discours n’obéit à aucune règle et cherche à implanter une autre réalité. Cette dernière est déjà très embarrassante du point de vue de ce à quoi nous avons assisté au cours des débats. Et elle l’est d’autant plus au vu de la capacité de tout un système médiatique de donner corps à cette autre réalité » .

La défense de l’ancien Président – et c’est de bonne guerre - n’a eu de cesse de soutenir que le dossier était vide et que les premières audiences allaient rapidement le démontrer : « Un certain nombre de journalistes ne savaient pas vraiment ce qu’il en était. Et l’impression produite par l’idée répétée que le dossier était vide suggérait qu’assez rapidement, l’audience allait révéler ses lacunes. Il y a eu une sur-présence médiatique en début de procès. En revanche, les médias sont beaucoup moins nombreux à avoir assuré une présence de fond quotidienne lors des différentes audiences, donc à avoir pu répercuter ce qu’il s’y disait. »

L’argument du « dossier vide » ayant été rapidement invalidé par le contenu des audiences – qui ont duré trois mois – il restait la partialité politique des fameux « juges rouges ». Me Brengarth souligne combien cet argument est fallacieux : « Ils ont une vision déformée de la réalité. Si on se réfère à des appartenances supposées à des syndicats qui seraient considérés comme étant à gauche, ce n’est pas du tout la majorité des magistrats qui composent l’ordre judiciaire. Par ailleurs, nous vivons dans un pays avec une surpopulation carcérale structurelle. Il suffit d’aller assister aujourd’hui à une audience de comparution immédiate pour ne pas voir de « juges rouges » (…). En réalité, l’affaire Sarkozy nous dit énormément de choses. C’est une affaire qui nous révèle beaucoup le fonctionnement de notre monde médiatique et sa capacité à créer de la désinformation. Elle montre aussi notre capacité à venir protéger nos juges, parce que je rappelle qu’ils ont été menacés. Évoquer une justice partiale permet aux politiques jugés de déplacer le curseur, en présentant le juge comme son ennemi idéologique. Et à partir du moment où ils le présentent comme tel, ils le font évoluer sur un terrain qui n’est pas le sien. Parce que le terrain du juge, c’est le droit  ».

Nicolas Sarkozy ne sera ni un martyr et encore moins le Comte de Monte-Cristo…■

Loïc de Bentzmann.

(1) https://voixdelhexagone.com/2025/10/25/me-vincent-brengarth-dans-laffaire-sarkozy-il-y-a-un-systeme-qui-se-sent-menace/