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Royaliste n°1260 du 5 juillet 2023

Boris Johnson : la fin du parcours ?

Les Chemins du monde

mercredi 5 juillet 2023

Chassé du Parlement britannique comme un malpropre après l’étalage de ses mensonges, Boris Johnson n’a peut-être pas encore brûlé toutes ses cartouches.

C’est par un vote sans surprise de 350 voix pour, 7 voix contre et un peu plus de 200 abstentions que Boris Johnson a été exclu du parlement pour 90 jours le 19 juin, preuve du discrédit qui frappe l’ancien Premier Ministre britannique. Divulgué le 15, un rapport parlementaire accablant a démontré que l’ancien locataire du 10 Downing Street avait délibérément menti aux Communes sur les fêtes et autres pots de départ organisés au siège du gouvernement pendant le confinement en violation des règles établies alors par ce même gouvernement. Ce rapport était d’autant plus accablant que, si la présidence de la commission était assurée par une parlementaire travailliste, la majorité de ses membres était constituée de députés conservateurs.

C’est la deuxième fois que le parti tory lâche son ancien leader. En juillet 2022 déjà, celui-ci avait dû abandonner la direction du gouvernement à la suite d’une défection massive de ses ministres écœurés par ses mensonges sur les « fêtes ministérielles ». De son côté, l’opinion publique avait été d’autant plus choquée par cette affaire que nombre de Britanniques avaient dû laisser mourir dans la solitude nombre des membres les plus âgés de leurs familles. Suprême humiliation, non seulement Boris Johnson a été interdit de siéger aux Communes mais il s’est vu en plus retirer le badge dont bénéficient les anciens Premiers Ministres et qui leur permettent de garder leurs entrées au Parlement.

Au courant des conclusions accablantes du rapport, Boris Johnson a démissionné dès le 9 juin de son siège de député et se répandant en propos imprécateurs contre la commission et sa présidente et dénonçant une authentique chasse aux sorcières menée contre lui. Pour autant l’affaire n’est pas close. Une autre commission parlementaire enquête sur la conduite du gouvernement durant le confinement et sur la politique menée pour faire face à la COVID 19. D’autres ministres ou anciens ministres pourraient être mis en cause dont Rishi Sunak l’actuel Premier Ministre, fossoyeur de la politique keynésienne de « Bojo » et chantre d’un libéralisme sans épaisseur. Cela va-t-il bénéficier pour autant aux Travaillistes ? Pas sûr. Malgré les sondages qui leur sont favorables, il sera aisé de rappeler que ceux qui aspiraient à un « Bexit soft » ont abandonné Theresa May en 2019 provoquant l’arrivée au pouvoir de Boris Johnson et qu’ils n’envisagent plus aujourd’hui de retour dans l’Union Européenne avant une génération. De leur côté, les indépendantistes écossais se sont vu refuser par la Cour Suprême britannique le droit d’organiser un référendum consultatif sur l’indépendance et sont empêtrés dans une affaire de financement irrégulier de leur dernière campagne électorale. Coulé Boris ?

Marc Sévrien.