Accueil > Royaliste > Nos articles récents > « Les Chemins du monde » > Espagne : PSOE et PP sont dans une barque. La barque coule….

Royaliste n°1273 du 28 février 2024

Espagne : PSOE et PP sont dans une barque. La barque coule….

Les Chemins du monde

mercredi 28 février 2024

La vie politique espagnole voit depuis l’été dernier s’enfoncer dans la crise, à des degrés divers, les deux principaux partis de gouvernement.

Les socialistes du PSOE ne finissent pas de boire la cigüe à travers les revers électoraux et les camouflets parlementaires depuis les élections législatives du 23 juillet dernier. Certes le leader du PSOE et premier ministre sortant, Pedro Sanchez, a pu rester à la tête du gouvernement contre la promesse faite aux nationalistes catalans d’une large loi d’amnistie exonérant de toute responsabilité ces nationalistes dans la tentative d’indépendance de 2017. Pourtant le 30 janvier 2024 un projet de loi allant dans ce sens a été rejeté par 171 voix contre 179, les nationalistes de Junts votant contre un texte qu’ils ne jugeaient pas assez large. Il est vrai que le leader du parti en exil, M. Carlos Puigdemont, risquait de ne pas pouvoir en bénéficier.

Le leader socialiste n’était pourtant pas au bout de ses déboires. Junts en effet à la grande colère du patronat, a exigé également que le gouvernement espagnol fasse voter par le Parlement un dispositif poussant les entreprises ayant déménagé leurs sièges sociaux hors de Catalogne en 2017 (près de 5000) pour crainte des désordres, à les réinstaller, les récalcitrantes étant pénalisées fiscalement. La politique de harcèlement des députés nationalistes ne devrait cependant pas s’arrêter là aux dires mêmes de ces derniers.

Dernier épisode de cette marche au supplice, l’effondrement des socialistes aux élections régionales de Galice le 18 février 2024. Avec seulement 14, 04 % des suffrages exprimés, le parti n’a obtenu que 9 députés sur 75, largement devancé par le Bloc nationaliste galicien (BNG) qui obtient 31,57% des suffrages exprimés et 25 sièges. Si l’on tient compte du fait que Sumar principal allié d’extrême-gauche du PSOE au gouvernement fait moins de 2% des voix, on mesure l’ampleur du désastre. Les socialistes peuvent attendre avec inquiétude les élections régionales basques en mars et les européennes en juin.

Les déboires socialistes ne doivent pas masquer ceux du Parti Populaire. Arrivé en tête aux élections aux Cortès mais sans majorité absolue, il avait échoué à négocier avec Vox ou les partis nationalistes basques ou catalans un accord de gouvernement et son leader, Alberto Nunez Feijoo, avait dû renoncer à ses ambitions. Les élections régionales du 18 février ont certes été une victoire pour le PP mais une victoire à la Pyrrhus. Arrivé en tête avec 47,36 % des voix, il perd deux sièges par rapport à 2020 (40 contre 42) même s’il progresse en voix. Surtout son leader a brouillé son message en affirmant durant la campagne que la grâce des militants catalans impliqués dans les événements de 2017 était envisageable. Même si grâce et amnistie divergent, pourquoi avoir alors rejeté le projet de loi de Sanchez ?

Marc Sévrien.