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Royaliste n°1265 du 6 novembre 2023

Impasse espagnole

Les Chemins du monde

lundi 6 novembre 2023

L’élection du nouveau Congrès espagnol le 23 juillet a plongé le pays dans une impasse politique du fait de la stratégie des nationalistes catalans.

Le 29 mai dernier au lendemain d’une défaite des deux principaux partis de la majorité parlementaire aux élections municipales et régionales, le président socialiste du gouvernement décide la dissolution des Cortes Générales et décide et la tenue d’ élections anticipées le 23 juillet. Celles-ci ne donnent pas tout à fait les résultats escomptés par les sondages. Certes, au Congrès des Députés, le principal parti de la droite parlementaire arrive en tête avec 137 sièges, son allié d’extrême-droite, Vox, en obtenant que 33. Cependant, il leur manque six voix pour obtenir la majorité absolue de 176 sièges. La gauche n’est pas mieux lotie. Le PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol) obtient 121 sièges grâce à d’excellents résultats en Catalogne, dans la Communauté valencienne et au Pays basque. Sumar, coalition qui a succédé à Podemos qu’elle a intégré obtient 31 sièges. Ce n’est donc pas un désastre pour la coalition gouvernementale mais elle est a priori encore moins en position de gouverner que la droite. Cette dernière peut en plus se consoler puisqu’elle obtient 121 sièges sur les 208 que compte la seconde assemblée.

Compte tenu des scores respectifs de chacun des principaux partis, le roi Philippe VI décide le 22 août de confier au leader du PP (Parti Populaire) le soin de trouver une majorité. Malgré le renoncement de Vox le 6 août d’entrer au gouvernement, Alberto Nunez Feijoo ne parvient pas à former une coalition majoritaire. Il apparaît très vite qu’une fois de plus ce sont les partis nationalistes et en particulier les Catalans qui tiennent entre leurs mains le résultat des négociations partisanes. Or le leader libéral ne veut en aucune manière de l’amnistie réclamée par le parti catalan Junts en faveur de Carlos Puigdemont ancien leader nationaliste à l’origine du référendum illégal en Catalogne sur l’indépendance de la province en 2017. Après deux votes aux Cortes où il ne parvient pas à obtenir la majorité, le leader du PP jette l’éponge le 29 septembre. Le 2 octobre le roi se tourne vers le président socialiste du gouvernement sortant. Le 24 octobre le PSOE et Sumar se mettent d’accord sur un programme de gouvernement dont les principales mesures sont la réduction de la semaine travail à 37 heures 30 sans perte de salaire, la mise en place d’un plan pour lutter contre le chômage des jeunes et la révision à la hausse des ambitions climatiques de l’Espagne. Mais une fois encore, il faut obtenir le soutien des nationalistes catalans, ces derniers restant arcboutés sur leur exigence d’amnistie, exigence qui divise la gauche. Un accord doit être trouvé avant le 31 octobre sinon de nouvelles élections se tiendront le 14 janvier 2024. Plus que jamais, une réforme du mode de scrutin s’impose.

Marc Sévrien.