Trois visions s’opposent dans la droite flamande qui impacteront l’avenir même de la Belgique. Pour le Vlaams Belang, en tête dans les sondages chez les nationalistes, en cas de victoire tant aux fédérales qu’aux régionales, le parti prendra la direction du gouvernement flamand et entamera des négociations avec son homologue flamand en vue d’une disparition négociée de l’État belge. Si les autorités wallonnes refusent cette proposition l’indépendance de la Flandre sera proclamée unilatéralement. A la N-VA de Bart de Wever on continue de privilégier l’option du confédéralisme qui implique un Etat belge réduit aux acquêts, des acquêts les plus faibles possibles. Pour ce faire et devancer le Vlaams Belang, la N-VA a décidé de présenter des candidats en Wallonie, afin de faire pression sur les partis de droite wallons pour les obliger à négocier ou pour s’imposer comme un partenaire incontournable à une gauche wallonne qui gagnerait les élections dans le sud du pays. En 2021, une alliance PS wallon et N-VA flamand avait été tout près d’aboutir.
Le Premier Ministre Alexandre de Croo (Open Vld) plaide pour la mise en place d’une coalition de la droite belge englobant les partis libéraux et chrétiens-démocrates flamands (Open Vld et CD& V ) et wallons (MR et Les Engagés). Cela implique la fin de la coalition Vivaldi au pouvoir qui regroupe les quatre grandes familles politiques belges (libéraux, chrétiens démocrates à l’exception des wallons, écologistes, socialistes) mise en place en 2021 au plus fort de la crise Covid et alors que la Belgique était dirigée par un gouvernement démissionnaire depuis juin 2019. Reste qu’Alexandre de Croo devra faire face aux ambitions du jeune leader du MR wallon Georges-Louis Bouchez qui se voit très bien Premier Ministre d’un gouvernement de droite belge et au score du parti Voor U (Pour Vous) de Els Ampe, rassemblement de dissidents de l’Open VLD.
Et la gauche dans tout cela ? Elle souffre de deux handicaps. Elle représente à peine 20 % des voix en Flandre et sa branche socialiste est affaiblie par la condamnation de son leader Conner Rousseau pour des propos racistes tenus dans un café à la fin d’une soirée arrosée. Elle souffre plus généralement de la division entre socialistes et néo-communistes du PTB qui ne s’entendent sur rien, ni sur l’Europe, ni sur la politique économique et financière, ni sur la Défense et la place de la Belgique dans l’OTAN. L’union de la gauche sert en fait de chiffon rouge à la droite belge pour ramener vers elle les indécis.
Reste le Roi qui se tient au-dessus de la mêlée mais qui a déjà fait savoir toute l’importance qu’il accordait à la célébration du deuxième centenaire de la Belgique en 2030, position qui est déjà très politique.
Marc Sévrien.
L’avenir de la Belgique se joue en Flandre