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Royaliste n°1262 du 25 septembre 2023

Une Belgique encore menacée d’éclatement ?

Les Chemins du monde

lundi 25 septembre 2023

Alors que des échéances électorales majeures arrivent, la coalition au pouvoir, le système partisan et le pays lui-même, voient leurs existences menacées.

Quel avenir pour la coalition Vivaldi qui regroupe depuis 2021 les quatre grandes familles politiques ( libérale, démocrate chrétienne flamande, socialistes, écologiques) ? Le parti libéral (le Mouvement Réformateur) et son président Georges-Louis Bouchez n’ont de cesse depuis plusieurs mois de tirer à boulet rouge sur le gouvernement qui ne va pas assez loin ni assez vite, sur les retraites, sur la politique énergétique, sur la réforme fiscale. Son projet : libérer les énergies en baissant la pression fiscale, en ramenant les chômeurs au travail, en rationalisant et en équilibrant le système de retraites. Le message est donc clair : Georges-Louis Bouchez veut une coalition de droite au pouvoir après les élections du mois de juin.

Mais avec qui ? Les Engagés (anciens démocrates chrétiens francophones) principale force d’opposition francophone à droite n’aiment guère Georges-Louis Bouchez pas plus que les libéraux (OPEN vld) et les chrétiens démocrates (CD&V) flamands. Ne parlons même pas de la gauche. Le leader wallon le leur rend bien lui qui n’a pas apprécié cet été les attaques y compris à droite proférées contre la ministre des Affaires étrangères issue du MR, coupable d’avoir fait preuve de négligence dans l’octroi de visas à des personnalités politiques iraniennes douteuses. Bref, Georges Louis-Bouchez n’est pas encore installé à la tête du gouvernement. Ajoutez à cela, les critiques en interne contre le népotisme au sein de l’OPEN vld, Le Premier ministre lui-même étant mis en cause en tant que leader du parti, le divorce programmatique entre socialistes flamands et wallons, des écologistes inaudibles, des socialistes qui refusent toute coalition avec la gauche anti-libérale, et des femmes de plus en plus nombreuses qui veulent quitter la vie politique. On a là un cocktail détonant.

Et ce d’autant plus que les nationalistes du Vlaams Belang et de la NV-A caracolent en tête dans les sondages avec un peu moins de 50 % des intentions de vote. Plus grave, le Vlaams Belang devance la NV-A. Or si le second est prêt à jouer le jeu des institutions et à négocier la mise en place progressive d’une Belgique confédérale, le premier prône la rupture pure et simple. Il vient de présenter son projet d’accession de la Flandre à l’indépendance. Il prévoit pour cela une négociation entre les gouvernements régionaux wallons et flamands à l’issue desquels, en cas d’échec, un référendum en Flandre serait organisé, une victoire conduisant à une proclamation unilatérale de l’indépendance. On comprend mieux l’éloge de la Belgique prononcé par le roi Philippe lors de son discours du 20 juillet pour la fête nationale belge un roi qui veut donner le maximum d’éclat au bicentenaire de la Belgique en 2030. Un vœu pieux ?

Marc Sévrien.