Les présidents des groupes LR à l’Assemblée nationale et au Sénat Olivier Marleix et Bruno Retailleau, leurs homologues socialistes Boris Vallaud et Patrick Kanner ainsi que Fabien Roussel, secrétaire national du PCF ont publié le 26 mai une tribune commune transpartisane appelant « tous les acteurs publics et économiques à maintenir Atos sous pavillon français pour protéger notre autonomie stratégique. Atos doit rester française, entière, indépendante ».
Les salariés du groupe (110 000 dans le monde), cinquième roue de la charrette, ont été soumis au régime de la douche écossaise ces derniers mois, ce qui a amené le syndicat CFE-CGC d’Atos, majoritaire, à se manifester la semaine dernière en réclamant de la « transparence » et en soulignant « que les salariés sont aujourd’hui les grands oubliés du processus de restructuration en cours ». Ce plan de restructuration nécessite 1,2 milliard d’euros d’argent frais pour assurer l’activité jusqu’à la fin 2025, dont plus de 350 millions dès cet été, ainsi qu’une réduction de 3,2 milliards de sa dette sur un total de 4,8 milliards.
Daniel Kretinsky, propriétaire de Marianne (1), et le fonds spéculatif britannique Attestor ont soumis une offre « entièrement financée » pour reprendre « l’ensemble du périmètre d’Atos », qui prévoit également l’annulation de 4 milliards d’euros de dette. Ils se disent prêts à apporter 1,9 milliard d’euros au groupe, dont 600 millions d’euros de fonds propres et 1,3 milliard de financements opérationnels.
De son côté, David Layani le patron de Onepoint, premier actionnaire d’Atos, prévoit également une restructuration de la dette d’Atos à hauteur de 3,2 milliards d’euros. Le consortium qu’il mène défend la « préservation de l’unité d’Atos » et propose un apport de 1,8 milliard d’euros, dont 350 millions d’euros d’argent frais.
Enfin, une dernière offre émane d’un groupe de créanciers et de banques du groupe, jusqu’ici divisés, se sont mis d’accord pour soutenir le groupe via de nouveaux financements et en convertissant une partie de la dette en capital.
Mais surtout Bruno Le Maire, récemment interpellé dans un rapport sénatorial (2), a semble-t-il décidé de prendre le taureau par les cornes pour régler la question cruciale des actifs les plus stratégiques du groupe pour la souveraineté nationale en annonçant le 28 mai : « Je ferais en sorte que le contrôle-commande des centrales nucléaires, qui aujourd’hui est dans Atos et pas encore dans le périmètre que nous avons sécurisé, soit dans ce périmètre […] Je vous confirme que toutes les activités stratégiques resteront sous le contrôle de la puissance publique » évoquant une éventuelle reprise par EDF ou une entreprise proche d’EDF.
Il s’agit donc maintenant de clore ce dossier en passant des annonces aux actes.
Loïc de Bentzmann.
(1) (2) cf Royaliste n° 1263 et 1278
Atos : la dernière ligne droite ?