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Royaliste n°1263 du 9 octobre 2023

L’écologie « à la française » reste en plan

La Nation française

lundi 9 octobre 2023

L’écologie « à la française », Macron la décrit « créatrice de valeur, compétitive, accessible, juste, indépendante, européenne, protectrice, territorialisée ». Et les gaulois réfractaires se plaignent !

Le 25 septembre dernier, après des semaines d’atermoiements, Emmanuel Macron a enfin dévoilé sa planification écologique, et son discours a fait l’unanimité : dans la majorité des médias, l’expression « liste à la Prévert » a fait florès. Suivant qu’il s’agissait de la majorité ou de l’opposition, l’utilité de telle ou telle mesure prise a évidemment été défendue ou attaquée, mais personne n’a osé dire qu’il s’agissait d’une planification.

Car ce ne sont pas les mesures en soi qui posent problème : pour la plupart, elles sont issues des recommandations (souvent judicieuses) de la Convention Citoyenne pour le Climat. Mais quand il s’agit d’en suivre le fil conducteur, rien ne va plus. L’exemple de la filière hydrogène, indispensable, est parlant : si le président décrit avec complaisance la « vallée des batteries » et ses quatre usines à venir, ou le million de voitures électriques à l’horizon 2027 proposées en leasing à 100 euros par mois, il n’a rien dit sur le lien nécessaire entre ces objectifs et le nucléaire, les SMR , les énergies renouvelables, la production d’hydrogène vert. Or sans électricité décarbonée, les usines à batteries n’auront aucune utilité.

Ce ne sont pourtant pas les structures chargées de la planification et de la transition écologique qui manquent : un Haut Commissaire au Plan (depuis 2020), le Conseil National de la Refondation, le Conseil Économique, Social et Environnemental, « la Première ministre en charge de la planification écologique, (…) un secrétariat général de la transition, (…), un ministre en charge de la transition écologique, environnementale et des territoires, et une ministre en charge de la transition énergétique ». Pas moins ! Mais avons-nous un Plan ? La réponse est sans conteste « non ». Ce qui n’est pas surprenant, puisque la politique du « en même temps » impose ici la fusion de buts opposés : comment répondre au souci écologique sans remettre en cause les fondements européens ultralibéraux de notre politique économique, prioritaire pour le gouvernement de M. Macron ? Nous savons tous que le productivisme ultralibéral et son mépris de l’homme est une des principales causes de problèmes écologiques (climat, pollution, biodiversité, santé etc.) : force est de constater qu’aucune réflexion n’est développée sur ce point.

Si l’État se garde bien d’agir autrement que par des propositions marginales, c’est aussi pour éviter les affrontements avec des lobbies, ou des troubles sociaux. L’incapacité d’imaginer -et de planifier- des vraies solutions, supportables pour tous, jointe à la peur de déclencher des crises populaires ou l’ire des puissances financières, impose l’immobilité, cachée derrière de beaux discours. Visiblement les problèmes environnementaux dont souffrent les français ne sont pas considérés comme prioritaires.

François Gerlotto.