Les Écologistes. - Mené par Marie Toussaint, le parti s’est littéralement sabordé dès le lancement de sa campagne : discours lunaires, récital de poèmes New Age, cours collectif de booty-thérapy (déhanchement du corps), bref, Les Ecologistes sont apparus une fois de plus comme hors-sol, parti politique de « bobos » ne s’adressant qu’à lui-même dans un folklore ultra-wokiste. Comme si ce n’était pas suffisant, ils ont été tenus responsables durant la crise agricole des politiques environnementales punitives de l’UE. Plus grave, Marie Toussaint s’englue dans ses contradictions : comment faire de l’écologie et vouloir lutter contre le libéralisme tout en se définissant comme pro-européenne et fédéraliste ? Comment combattre l’agro-business et la paupérisation et vouloir l’élargissement de l’UE à l’Ukraine ? Certains militants jugent même Marie Toussaint trop faible pour mener la campagne et doutent sérieusement de sa stratégie. Stagnant à 8 % dans les sondages, loin du score de 2019 (13,4 %), les verts semblent mal engagés.
PS – Place Publique. - Représenté par l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, le parti se hisse dans les derniers sondages à 10,1 %, soit plus qu’il y a cinq ans (6,2 %). Annoncé troisième dans la course européenne, Raphaël Glucksmann profite d’un boulevard laissé par la dérive idéologique de LFI et devient aussi le vote « sanction » ou « refuge » d’une partie de l’électorat macroniste déçue par l’exécutif. Cependant, il se pourrait bien que cette ascension se heurte sur plusieurs points : Raphaël Glucksmann, europhile et fédéraliste, a toujours applaudit les réformes de l’UE et n’a jamais remis en question celles des retraites, faisant de lui le symbole des trahisons de la gauche. Par ailleurs, le candidat philosophe fait du conflit Russo-Ukrainien le fer de lance de sa campagne. Très offensif, il exclut la solution diplomatique. Partisan d’un soutien inconditionnel au régime de Kiev, il souhaite l’intégration de l’Ukraine dans l’UE qu’il voit comme un élément pragmatique de défense européenne. Sans doute est-ce là le talon d’Achille de Raphaël Glucksmann : l’image d’un bourgeois de la deuxième gauche, recroquevillé sur sa supériorité morale et bien loin des préoccupations quotidiennes des français.
La France Insoumise. – Pour LFI, représenté une nouvelle fois par Marion Aubry, l’éclatement de la NUPES a rebattu les cartes, puisque le groupe misait sur le jeu du rassemblement. En vieux loup de mer, Jean-Luc Mélenchon engage donc son parti afin de préparer son unique obsession : le mandat présidentiel de 2027. Ainsi, le programme de LFI se drape du manteau gaullien qui lui avait valu un excellent résultat durant la campagne de 2017 : retour au principe des nations, souveraineté, planification économique, refus de l’élargissement, souhait d’un accord de paix entre la Russie et l’Ukraine… Mais LFI s’est complètement décrédibilisé ces dernières années par sa stratégie de « bordélisation » de l’Assemblée, ses prises de positions sur le conflit israélo-palestinien, son « islamo-gauchisme » supposé et ses provocations constantes telle sa campagne d’affichage dans sa chasse aux abstentionnistes. En conséquence, le parti de Mélenchon ne dépasse pas les 5 % dans les intentions de vote…
PCF. - Si le PCF mise sur la jeunesse de Léon Deffontaine (27 ans) pour conduire sa liste et sur un programme foncièrement souverainiste qui s’adresse à l’électorat du « non » au référendum de 2005, le PCF fait… du PCF ! Sans surprise, il peine à dépasser les 3 % dans les sondages…
En conclusion, toutes les gauches buttent sur la même contradiction : proclamer une politique sociale tout en se ralliant à l’Europe néo-libérale, ouvrant un boulevard à l’extrême droite.
Aymeric Daran.
Les partis et les Européennes (I) : les gauches