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Royaliste n°1320 du 25 mars 2026

Tournoi des VI Nations : « Sorry, good game ! »

Les Lettres et les Formes

mercredi 25 mars 2026

Contre l’Angleterre, au Stade de France, à l’issue d’un match d’anthologie et d’un suspense haletant, le XV de France a remporté le traditionnel crunch et un deuxième tournoi consécutif après celui de 2025.

Au terme du troisième match (qui en compte 5 pour chaque équipe) de ce Tournoi 2026, nos Bleus caracolaient en tête avec trois victoires bonifiées, notamment contre le Trèfle irlandais, toujours redoutable. En apparence, la route du Grand Chelem (5 victoires en 5 matches) semblait donc dégagée. Le XV du Chardon écossais s’est chargé (50-40) de nous rappeler que peu de Grands Chelems ont été gagnés en 120 ans dans l’histoire de ce Tournoi des cinq puis six Nations : quarante-deux, dont trente-et-un depuis la Seconde Guerre mondiale. L’Angleterre l’a gagné à treize reprises suivie par le pays de Galles avec douze victoires, la France dix, l’Irlande quatre et l’Écosse trois. Cela souligne combien ce trophée officieux est difficile à conquérir et ne tolère pas le moindre relâchement à chaque étape du parcours, ce que les Français avaient oublié le 7 mars à Glasgow.

Il ne restait donc comme « consolation » qu’à battre l’Angleterre pour remporter un deuxième Tournoi consécutif, ce qui n’est pas arrivé depuis 2006 / 2007. Et ils l’ont fait (48-46) en rendant hommage à l’une des figures emblématiques de Sa Majesté, Alfred Hitchcock, par un suspense étouffant.

La presse britannique ne s’y est d’ailleurs pas trompée : elle s’extasie sur le fabuleux spectacle offert lors de ce match en saluant autant la résurrection du XV de la Rose que la victoire des Bleus dans le Tournoi : « Le plus grand Tournoi des Six Nations, de mémoire récente, s’est conclu par le Super Samedi qu’il méritait : une journée enivrante qui confirme qu’il n’y a rien dans le sport qui égale cette compétition annuelle », résumait le Sunday Times, estimant également qu’« il y a rarement eu une plus belle édition de "Le Crunch" ». The Telegraph explique que « rien ne peut rivaliser avec la magnificence sportive du Tournoi des Six Nations ». Pour le journal anglais, le Crunch a été l’ultime expression d’une compétition absolument hors norme : « La rivalité anglo-française s’est rarement fait ressentir de manière aussi enivrante : le génie gaulois et la fureur anglaise se sont débridés et combinés pour offrir sans doute le match international le plus follement spectaculaire que l’hémisphère nord ait jamais connu ».

Matt Dawson, ancien demi de mêlée international anglais, tire son chapeau aux adversaires du soir, pour la BBC : « La France est une championne méritante. Elle a fait preuve d’un grand caractère. C’est dans les moments de pression que les équipes spéciales font la différence ».

Voilà qui efface le fameux « Sorry, good game » (« Désolé, bon match ») très souvent prononcé au coup de sifflet final dans les années 90 par l’ancien capitaine anglais Will Carling pour « féliciter », avec un mélange d’arrogance, de condescendance et d’ironie, ses adversaires français vaincus.

Louis Dauvalie.