Le premier est réalisé en collaboration avec le dessinateur Baudouin Deville et la coloriste Bérangère Marquebreucq nous plonge dans l’univers de l’architecte bruxellois Victor Horta. Le second réalisé avec le dessinateur Olivier Wozniack, nous fait découvrir les thermes de Spa, lieu privilégié de villégiature puis de résidence de la Reine Marie-Henriette de Belgique et de sa fille la princesse Clémentine.
En 1965, Kathleen (elle nous pardonnera cette familiarité) jeune journaliste de la RTB (Radio- Télévision belge) est plongée dans une enquête policière sur les traces de l’assassin de l’architecte Serge Durand tué à Venise lors d’un congrès international d’architecture. Celui-ci est un ardent défenseur de la Maison du Peuple conçue par Victor Hortaà la fin du XIXe siècle et que des promoteurs véreux rêvent de faire démolir pour la remplacer par une tour source de revenus juteux pour eux et des politiciens friands de revenus annexes. Le meurtre serait-il lié à cette affaire ? Notre journaliste, aidée par une jeune universitaire spécialiste de l’Art Nouveau, se lance à corps perdu dans l’enquête, faisant fi comme toujours de sa propre sécurité. A ses côtés, nous nous lançons dans un véritable périple bruxellois à la découverte des constructions de Horta : Hôtels particuliers, grands magasins et bien sûr la Maison du Peuple siège du Parti Ouvrier belge, construite de 1896 à 1898 et inaugurée l’année suivante en présence du leader ouvrier français Jean Jaurès. Une occasion pour l’auteur de dénoncer la « bruxellite » qui a sévi dès le début des années 1960 et qui a abouti au nom de la modernité à la destruction de nombre de bâtiments dont le principal défaut était d’être passés de mode. Kathleen va-t-elle découvrir le ou les meurtriers et va-t-elle empêcher la destruction de la Maison du Peuple ? A vous de le découvrir, mais hélas, dans la vraie vie, le siège du POB n’a pas échappé à la destruction.
Le commissaire Ansor quant à lui nous ramène en 1906, un an après ses aventures à Ostende. Toujours proche de la retraite, bon mangeur (c’est promis, demain il se met au régime) et jamais insensible au charme d’un joli minois, il doit démasquer un maître-chanteur qui a l’audace de s’en prendre à la dernière fille du roi Léopold II, la princesse Clémentine. Il veut lui soutirer de l’argent en menaçant de révéler au grand jour le cadeau offert par cette dernière à M. Plancher, directeur du casino de Spa, une épingle à cravate marquée à son chiffre. Que pourrait-on imaginer si l’on apprenait l’existence de ce cadeau ? L’honneur de la Princesse et, à travers elle, de la famille royale est en jeu. Et voilà notre commissaire lancé dans une enquête tortueuse où cadavres ne manquent pas. L’affaire n’est-elle que criminelle ou bien dissimule-t-elle une machination politique ? Aux côtés du policier flamand, nous découvrons l’atmosphère d’une ville d’eau au début du vingtième siècle avec ses intrigues, ses mesquineries, sa lutte de classe, un monde où les gentils ne sont pas si gentils et les méchants pas si méchants. Une suite heureuse au précédent volume conçue dans le même esprit. Chaque volume se termine par un dossier historique qui permet de replacer chaque intrigue dans son contexte : l’émergence de l’Art Nouveau dans l’un, la station thermale de Spa et son monde dans l’autre. ■
Marc Sévrien.
Maison du Peuple 65, par P. Weber, B. Deville, B. Marquebreucq. Anspach, Bruxelles, novembre 2024.
Spa 1906, par P. Weber, O. Wozniack. Anspach, Bruxelles, novembre 2024.
Victor et Clémentine